Salut à tous,
Ça fait un petit bout que je n’ai pas écrit sur mon blogue …. Histoire de coronavirus faut croire !!! Je me reprends avec un long article. J’espère ne pas être trop longue ou trop ennuyante car chacun de nous avons une histoire à raconter à ce sujet. Alors voici la mienne :
J’aurais pu aussi appelé mon article « Que de bouleversements pour un si
petit virus » à vous de choisir ; )
Au début, quand le tout à commencé, je me disais : « WOW je reste en Nouvelle-Zélande, ici il n’y a pas beaucoup de cas, je vais en profiter pour rester à l’abri durant quelques mois s’il le faut et faire de longues
marches dans ce magnifique pays. »
Dans les faits et sur le terrain c’est autre chose. Personnellement j’aurais bien aimé ça être zen tout le long, mais la « zénitude » m’a quittée bien assez vite quand le pays est entré en niveau 2 puis 3 puis au niveau 4 de confinement depuis mercredi soir minuit.
Niveau 4 ça veut dire que tout est fermé. Vous restez là où vous êtes et vous n’en sortez pas. L’armée viendra prêter main forte s’il le faut afin de faire respecter la Loi.
Notre grand dilemme à Ariane et moi est de savoir ce qu’on fait. On sait que si l’on quitte l’île du Sud, notre sécurité, car son chum et ses beaux parents y vivent, sera incertaine. N’écoutant que leur grande générosité, ils nous ont déjà trouvé une maison où Ariane et son chum pourront demeurer ainsi qu’une maison pour moi. C’est tentant de rester ici.
Cependant, la question qui tue : C’est pour combien de temps ? Avril, mai et on ajoute juin, c’est super. Juillet août et septembre, ok ça va. On continue jusqu’à l’automne ? L’hiver prochain ? …..là tout à coup ça
devient moins drôle. J’ai mes petits enfants qui me FaceTime régulièrement. Delphine qui dit : Mimi mimi mimi avec des points d’interrogation dans ses yeux. Adrien qui me demande ce que je fais là ?
Est-ce que c’est fini la Nouvelle- Zélande ? Et Montréal ? Quand est ce que tu reviens à Chelsea avec papou ?Effectivement je commence à avoir hâte de me retrouver à Chelsea avec papou !
Alors l’incertitude s’installe : Les assurances me disent que ça leur fera plaisir de continuer à m’assurer sauf si j’ai la Covid 19. Le désir devient plus fort que tout de me retrouver avec les miens dans ces moments de grands chamboulements.
Je suis alors à Te Anau dans le Sud de l’île du Sud. Je m’apprête à aller à Invercargill prendre un traversier et aller sur la troisième île de la Nouvelle-Zélande pour entreprendre une grande marche de trois jours
sur cette réserve naturelle ou l’on retrouve les plus beaux ciels étoilés au monde et où l’on peut observer des aurores australes ainsi que des kiwis.
Mes places dans les huttes pour dormir sont déjà réservées, mais le cœur n’y est plus. Mon cœur est à Chelsea près des miens.
J’appelle Rafaelle, mon organisatrice en chef, et lui demande de me « booker » un billet, je reviens.
J’appelle Bruce qui me donne toute la latitude que je peux souhaiter depuis le début du voyage et qui ne met aucune pression. Lorsque je lui fait part de ma décision, un seul commentaire : Envoye à maison au plus sacrant.
Ça fait du bien, on m’attend et moi aussi je les espère, je les aime, ils me manque.
Ça semble simple, mais dans les faits rien c’est un peu plus compliqué :
J’peux pas prendre un vol intérieur, je serai en quarantaine. Je vérifie, il y a des vols le 23 mars pour le Canada. Je prendrai alors l’autobus, le traversier et le train. On booke tout ça avec Rafaelle. Départ prévu le 23 mars.
Quand tout est fait du côté du train, il ne reste plus de vols pour le Canada le 23 mars. Il en reste pour les 24, 25 ou 26 aux coûts de 4 000 $, 5 000 $ ou 7 000 $.
Finalement on en trouve un le 27 mars à 1 000 $. Super, je le prends.
Ariane fait les mêmes réflexions de son côté et se trouve un billet pour le 28 mars.
Finalement, on nous suggère fortement d’éviter les grands groupes. Je décide donc d’annuler le train et je réserve le traversier pour quitter l’île du Sud en voiture et poursuivre ainsi jusqu’à Auckland. J’ai du temps devant moi.
Enfin, on nous dit que l’on peut prendre un vol intérieur sans être en quarantaine. Les plans changent à nouveau. On annule le traversier et je me booke un vol pour le jeudi 26 mars. Mon départ pour le Canada est le 27.
Ariane booke un vol intérieur pour le 27 mars.
Lundi midi tout change. La PM informe la population qu’à compter du mercredi 25 mars à minuit la NZ sera en « shut down ». Tout, où à peu près fermera. Après cette date, aucun vol intérieur. Je me lance sur
internet. Il reste quelques places pour un vol le mardi 24 mars. Je réserve.
Ariane se décide quelques minutes après moi. Trop tard, il n’y a plus de vols. On s’installe toutes les deux sur Internet, on voit une place, on réserve, trop tard elle vient d’être prise. Et c’est comme ça tout l’après-
midi du 23 mars. On tente plusieurs scénarios, rien ne fonctionne. Enfin Air NZ ouvre de nouvelles places et décide d’utiliser ses gros transporteurs pour ramener le plus de gens possibles à Auckland pour
attraper les vols internationaux. Ariane arrive à se bloquer un vol plus tard en PM le 24 mars.
On arrive à Auckland en soirée dans notre petit hôtel. C’est ok. On est un peu bouleversé par la situation, surtout Ariane qui ne s’attendait pas à laisser son chum si tôt sans savoir quand elle pourra le revoir.
On décide de se mettre en mouvement pour se changer les idées. Je ne sais pas vous, mais honnêtement je n’ai jamais fait le ménage dans une chambre d’hôtel. Le coronavirus aidant, on s’y met toutes les deux. On
nettoie en profondeur. Il y a une laveuse et une sécheuse. On décide que tout y passera. On lave nos effets, on est un peu maniaque, mais ça fait du bien.
Tout va bien jusqu’à…. mercredi matin où on apprend que tout arrête,
incluant les aéroports le 27 mars à minuit. Ariane a un vol le 28. On se
remet sur internet, on fouille, on appelle on fini par trouver un vol qui coûte trois fois le prix mais qui la ramènera au Québec via Montréal le 26 mars. Elle a quitté ce matin et est en vol au moment où je vous écris.
Moi après quelques soubresauts : le vol Vancouver- Ottawa annulé, Air Canada qui annule mon vol Auckland -Vancouver par mégarde.
Heureusement, grâce à la vigilance de Rafaelle, qui vient de voir que ma réservation n’existe plus, me demande d’appeler Air NZ pour m’assurer que tout est beau. Enfin, après plusieurs appels, je suis réinscrite sur le vol Auckland -Vancouver et je réussis à avoir un nouveau vol Vancouver-
Ottawa via Toronto. J’arriverai 8 heures plus tard mais on s’en fout. Je veux juste arriver.
Alors voilà la fin -ou presque – de ce voyage mémorable. J’aurai un dernier article juste pour vous confirmer que je suis bien arrivée.
En attendant je vous laisse des photos de ce magnifique pays et des belles marches que j’ai faites durant ces 5 semaines. Ne vous inquiétez pas pour la quarantaine. Bruce et Xavier ont tout prévu et Ariane et moi serons seules à la maison pour 14 jours.
Sur ce, je vous embrasse et vous souhaite bon courage à toutes et tous qui vivez également des réalités plus ou moins simples et plus ou moins faciles. Je vous souhaite la santé, le courage, la résilience et la
bienveillance.
Je nous dis à bientôt au Canada et en attendant je vous fais de belles
caresses virtuelles.
Directement de Auckland, NZ
Agathe

Murchison. Le petit village où vit Ariane


La ferme
















































